COVID > quels impacts sur les Cologis ?

Du point de vue interne

  • –          Une tendance au repli dans les lieux où la cohésion était déjà fragile
  • –          Une opportunité de se réunir plus souvent et de profiter d’une continuité de lien social bienvenu dans ceux où le terreau était le plus fertile
  • –          Une invitation à repenser les communs sur l’aspect sanitaire (ex : ventilation, aération, désinfection)
  • –          Des difficultés à fluidifier l’échange de services ou les déplacements au profit des autres en période de confinement

Du point de vue externe

  • –        Intérêt en hausse pour les habitats groupés
  • –          Augmentation du nombre de porteurs de projet et des demandes d’accompagnement

Vers une solidarité renforcée dans les habitats groupés ? 

Déjà un an depuis les premiers signes de l’apparition du virus. L’opportunité pour Cologi de dresser un premier bilan des ressentis recueillis dans les habitats groupés déjà en place : Irigny, St Genis Laval, Brignais, Vaulx en Velin.

Si une hausse considérable de l’intérêt pour ces nouveaux modèles basés sur le vivre ensemble est encourageante, au quotidien le covid a mis à mal la convivialité dans les groupes où le ciment n’avait pas suffisamment pris. En effet, dans les premiers Cologi accompagnés, l’accent sur le partage des communs et la solidarité entre les familles étaient moins valorisés et l’intégration des nouveaux moins exigeante.

« Je pensais que la mutualisation de services tels que la tournée quotidienne du pain ou la récupération des paniers de fruits et légumes se feraient quand même naturellement ! » s’exclame Gilles, fondateur de Cologi. Force est de constater qu’un élan individuel est nécessaire pour faire éclore ce type d’initiatives. Les nouvelles normes sanitaires ont eu plutôt tendance à créer des réflexes de repli chez soi par peur de la contagion, désir de se protéger ou ne pas partager ses microbes.

Et les moments conviviaux, une recrudescence des apéros ?

Plus rares eux aussi, en raison du couvre-feu, des restrictions légales et des rassemblements limités. Néanmoins, les extérieurs partagés ont fait le bonheur de tous.tes pendant le confinement, que ce soit pour prendre des bains de soleil, jardiner ou laisser petits et grands se dégourdir les jambes et se défouler le temps de quelques heures. A Irigny, tous les appartement donnent à l’est sur un magnifique paysage naturel, « le confinement a été l’occasion de nous retrouver plus souvent, de discuter et d’apprendre à connaître les nouveaux, on se croisait tout le temps ! C’est un vrai plaisir de partager cette vue extraordinaire à plusieurs, on a beaucoup de chance ». Cet habitant au magnifique accent argentin, premier arrivé dans le projet avec sa femme Maité nous confie : « Ici, nous n’avons pas d’espace commun pour nous retrouver à l’intérieur mais ça ne nous empêche pas de nous inviter chez les uns ou chez les autres ! On a aucun problème pour se réunir et c’est toujours un plaisir ! ».

Une volonté de renforcer la cohésion au sein des groupes ?

Toute chose est à la fois un remède et un poison. L’intérêt de cet épisode pandémique aura été de mettre en relief ce qui manquait aux uns pour renforcer le socle commun et remettre à plat besoins et attentes de chacun. 

Un an plus tard, le covid est devenu singulier et les familles tendent vers une volonté de faire corps et profiter de la proximité de chacun.e pour enrichir les échanges.

Qu’en est-il des nouveaux groupes en construction ?

A Echalas par ex, le Cologi est déjà composé de 5 familles allant de 2 à 82 ans. Le groupe se réunit régulièrement avec plaisir et attend avec impatience le démarrage des travaux. Tout en prenant les précautions d’usage, on sent déjà un lien fort se nouer entre les familles aspirant à une vie commune riche tournée autour du jardin, du poulailler, des moutons avec le souci de préserver un équilibre entre vie privée et vie collective.

L’esprit fédérateur des habitats groupés attirent de plus en plus de foyers en quête de lien social et de solidarité.  Est-ce le signe d’un nouveau modèle de société basée sur l’entraide ou une utopie reposant sur les contradictions du genre humain qui veut vivre avec l’autre mais pas trop non plus !

Une réflexion plus fine autour des choix techniques 

Une meilleure ventilation est en réflexion dans les espaces communs afin de diminuer les risques tout en gagnant en qualité de l’air. Quant au choix des matériaux, de nouveaux réflexes sont à construire pour permettre de se retrouver sans appréhension : masques, désinfection, aération…

Quel curseur dans l’animation et l’ouverture des lieux au niveau culturel ?

Seul l’avenir nous le dira ! Mais nous croyons à une ouverture des lieux au niveau local pour favoriser la vie culturelle. 

Cécile de Oliveira Février 2021